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ÉTAT DES DONNÉES
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Anomalie de l’Atlantique Sud Le trou du bouclier magnétique, ses deux lobes et leur avenir

Le champ magnétique n’est nulle part aussi faible qu’au-dessus de l’Atlantique Sud. Entre l’Amérique du Sud et l’Afrique, l’intensité au sol tombe à environ 22 000 nT, contre plus de 60 000 nT près des pôles magnétiques : c’est l’anomalie de l’Atlantique Sud. Les satellites qui la traversent reçoivent plus de particules énergétiques de la ceinture de radiation intérieure, qui y descend plus bas. Cette page la suit année par année depuis 1900 à partir du champ IGRF-14, sépare ses deux lobes, mesure ce que le déclin du dipôle explique et prévoit son évolution jusqu’en 2050 avec les mêmes méthodes, jugées sur le passé, que la prévision des pôles.
Champ le plus faible en 2025 (nT)
22 071
25 422 nT en 1900 (-13,2 %)
Surface terrestre sous 32 000 nT en 2025 (%)
21,4
9,0 % en 1900 ; 109 millions de km² aujourd’hui
Dérive du lobe sud-américain (km/an)
21,4
Vers l’ouest ; minimum à -26,2°, -60,1°
Le lobe africain devient le plus profond vers
2 043
Entre 2043 et 2050 selon la méthode ; lobe apparu en 2005

L’anomalie sur le globe, de 1900 à 2050

Couleurs : intensité totale du champ au niveau de la mer (magenta = faible, bleu = fort) ; trait blanc : limite de 32 000 nT. Choisissez une année : 2050* est le champ extrapolé (méthode « champ extrapolé »), pas une mesure. En bleu clair le minimum sud-américain depuis 1900, en orange sa prévision, en vert le lobe africain et sa prévision. Passez sur un point pour son année et sa position.

Glisser pour tourner · molette pour zoomer · survoler un point

Prévisions à partir de 2025

Méthodes retenues (plus petite erreur passée à 5–20 ans) : position « champ extrapolé », intensité « tendance linéaire », étendue « champ extrapolé » ; ± = 90 % des erreurs passées à cet horizon
AnnéeMinimum sud-américainChamp le plus faibleSurface sous 32 000 nT
2030 -26,2°, -61,2° (à 53 km près à 90 %) 21 919 ± 71 nT 22,0 ± 0,1 %
2035 -26,2°, -62,4° (à 114 km près à 90 %) 21 766 ± 123 nT 22,6 ± 0,3 %
2040 -26,0°, -63,7° (à 179 km près à 90 %) 21 614 ± 169 nT 23,1 ± 0,4 %
2050 -26,0°, -66,3° (à 316 km près à 90 %) 21 309 ± 254 nT 24,1 ± 0,6 %

L’intensité et l’étendue évoluent régulièrement : leurs prévisions sont serrées. La position bouge lentement vers l’ouest, environ 20 km par an, avec des écarts croissants au-delà de 20 ans.

Deux lobes : l’Afrique rattrape l’Amérique du Sud

Depuis 2005, un second minimum existe au sud-ouest de l’Afrique (le dédoublement décrit par Finlay et al., 2020). En 2025, il est à 23 462 nT contre 22 071 nT pour le lobe sud-américain, mais il s’affaiblit environ 87 nT par an contre 30 : si cela continue, il deviendra le point le plus faible du champ terrestre.

Intensité (nT) de chaque lobe prévue par chaque méthode et première année où le lobe africain serait le plus profond
Méthode2030 : Amér. / Afr.2040 : Amér. / Afr.2050 : Amér. / Afr.Lobe africain plus profond en
champ extrapolé 21 924 / 23 02221 637 / 22 13721 345 / 21 245 2049
tendance linéaire 21 919 / 23 02521 614 / 22 15121 309 / 21 278 2050
champ extrapolé avec accélération 21 922 / 22 99621 634 / 21 86721 368 / 20 387 2043

Le lobe africain n’existe que depuis 20 ans : aucune de ces méthodes n’a pu être jugée sur lui. L’écart entre les méthodes est la seule mesure de l’incertitude, et elle est grande.

Intensité au cœur des deux lobes
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Étendue de l’anomalie
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Ce que le déclin du dipôle explique

Le dipôle, la partie du champ qui ressemble à un aimant droit, s’est affaibli de 32 176 à 29 733 nT entre 1900 et 2025 (-7,6 %). Pour mesurer son rôle, on échange les coefficients du dipôle des deux années en gardant le reste du champ : avec le dipôle de 2025 et le reste de 1900, le minimum s’approfondit de 65 % de ce qu’il a fait réellement ; avec le dipôle de 1900 et le reste de 2025, de 49 %. Les deux effets se combinent (l’intensité n’est pas additive). La dérive vers l’ouest vient entièrement du reste du champ : avec le seul dipôle de 2025, le minimum resterait presque à sa place de 1900 (voir le tableau). L’anomalie est la trace, en surface, de taches de flux inversé à la limite du noyau sous l’Atlantique Sud (Terra-Nova et al., 2017), qui s’étendent et se déplacent. Voir aussi le moment du dipôle sur la prévision des pôles.

ChampChamp le plus faibleSurface sous 32 000 nTMinimum à
Champ réel 1900 25 422 nT9,0 %-22,0°, -37,0°
Dipôle 2025, reste 1900 23 238 nT14,4 %-21,8°, -38,7°
Dipôle 1900, reste 2025 23 794 nT14,9 %-25,7°, -56,5°
Champ réel 2025 22 071 nT21,4 %-26,2°, -60,1°

Ce que valent les méthodes sur le passé

Erreur médiane / 90e centile des prévisions rejouées depuis chaque année de 1950 à 2024 (position en km, intensité en nT, surface en millions de km²) ; en gras la méthode retenue
GrandeurMéthode5 ans10 ans20 ansErreur moyenne 5–20 ans
Position du minimum (km) champ extrapolé 19 / 5046 / 11199 / 243 72
moyenne des méthodes 20 / 6346 / 142148 / 366 112
vitesse constante 18 / 6740 / 18499 / 362 83
champ extrapolé avec accélération 22 / 6769 / 173253 / 743 204
accélération constante 30 / 17680 / 438239 / 1 113 208
Champ le plus faible (nT) champ extrapolé 26 / 9142 / 10890 / 235 67
tendance linéaire 24 / 8742 / 10672 / 216 61
moyenne des méthodes 28 / 9751 / 162133 / 407 107
champ extrapolé avec accélération 34 / 12681 / 283266 / 1 026 205
tendance quadratique 55 / 10797 / 179274 / 497 147
Surface sous 32 000 nT (M km²) champ extrapolé 0,4 / 0,70,7 / 1,41,1 / 2,6 0,87
tendance linéaire 0,3 / 0,80,6 / 1,31,7 / 3,2 0,96
moyenne des méthodes 0,3 / 0,70,8 / 1,71,6 / 3,9 1,10
champ extrapolé avec accélération 0,4 / 0,91,0 / 2,83,2 / 7,6 2,05
tendance quadratique 0,5 / 1,00,9 / 2,12,1 / 6,6 1,54
Erreur de position selon l’horizon
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Méthode et sources

Champ. Intensité totale F au niveau de la mer (ellipsoïde WGS84) calculée chaque année depuis 1900 à partir des coefficients de Gauss de l’IGRF-14 (Alken et al., 2021), sur une grille de 1° du secteur 80° S–20° N, 130° O–70° E pour les minima (position affinée entre les nœuds par des paraboles) et sur une grille mondiale de 2° pour la surface sous 32 000 nT (seuil usuel, Finlay et al., 2020) et le contour. Le champ étant linéaire en ses coefficients, chaque grille est un produit matriciel, vérifié contre le calcul point par point.

Lobes. Le lobe sud-américain est le minimum le plus profond de 1900, suivi d’année en année par le minimum local le plus proche ; le lobe africain part de la première année où un second minimum local apparaît à plus de 2 000 km à l’est.

Prévisions. Comme pour les pôles : vitesse, accélération, champ extrapolé avec sa variation des 5 dernières années, champ avec accélération séculaire, moyenne ; pour l’intensité et la surface, tendance linéaire (5 ans) ou quadratique (15 ans) au lieu de la vitesse. Chacune est rejouée depuis chaque année de 1950 à 2024 à 1–25 ans ; la méthode retenue est celle de plus petite erreur moyenne à 5–20 ans ; la bande d’incertitude suit les quantiles 50 et 90 % de ses erreurs passées.

Part du dipôle. Champ de la dernière année avec les coefficients de degré 1 de la première, et inversement.

Lire ces données
L’IGRF est un modèle lissé (degré 13, époques de 5 ans) : les variations rapides du noyau n’y figurent pas, et ses années intermédiaires sont interpolées. Les erreurs de deux années de départ voisines ne sont pas indépendantes. Le lobe africain n’a que 20 ans d’existence : sa prévision n’a pas pu être jugée sur le passé. La surface sous 32 000 nT dépend du seuil choisi ; d’autres auteurs prennent 30 000 ou 35 000 nT. À l’altitude des satellites (500 km), l’anomalie est un peu plus à l’ouest et plus étendue ; elle est donnée ici au sol.
SOURCES DE CETTE PAGE
Finlay et al. (2020)
Finlay, C. C., Kloss, C., Olsen, N., Hammer, M. D., Tøffner-Clausen, L., Grayver, A., & Kuvshinov, A. (2020). The CHAOS-7 geomagnetic field model and observed changes in the South Atlantic Anomaly. Earth, Planets and Space, 72, 156. · doi:10.1186/s40623-020-01252-9
Licence : Published literature; cited
Amit et al. (2021)
Amit, H., Terra-Nova, F., Lézin, M., & Trindade, R. I. (2021). Non-monotonic growth and motion of the South Atlantic Anomaly. Earth, Planets and Space, 73, 38. · doi:10.1186/s40623-021-01356-w
Licence : Published literature; cited
Terra-Nova et al. (2017)
Terra-Nova, F., Amit, H., Hartmann, G. A., Trindade, R. I. F., & Pinheiro, K. J. (2017). Relating the South Atlantic Anomaly and geomagnetic flux patches. Physics of the Earth and Planetary Interiors, 266, 39–53. · doi:10.1016/j.pepi.2017.03.002
Licence : Published literature; cited
Pavón-Carrasco et al. (2016)
Pavón-Carrasco, F. J., & De Santis, A. (2016). The South Atlantic Anomaly: the key for a possible geomagnetic reversal. Frontiers in Earth Science, 4, 40. · doi:10.3389/feart.2016.00040
Licence : Published literature; cited
Heirtzler (2002)
Heirtzler, J. R. (2002). The future of the South Atlantic anomaly and implications for radiation damage in space. Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics, 64(16), 1701–1708. · doi:10.1016/S1364-6826(02)00120-7
Licence : Published literature; cited
Alken et al. (2021)
Alken, P., Thébault, E., Beggan, C. D., Amit, H., Aubert, J., et al. (2021). International Geomagnetic Reference Field: the thirteenth generation. Earth, Planets and Space, 73, 49. · doi:10.1186/s40623-020-01288-x
Licence : Published literature; cited